« Venez vous faire soigner chez nous », qu’ils disaient…

Au moyen age, Daegu était connue pour son marché d’herbes médicinales. Qui n’a jamais entendu parler du ginseng Coréen ? Les herbes médicinales et les racines Coréennes étaient grandement recherchées dans toute l’Asie et les Coréens étaient réputés pour leur savoir faire en matière de récolte et de préparation. Ainsi, au moyen age, les médecins de l’empereur de Chine venaient faire leurs courses ici, à Daegu, au marché aux herbes, avant de retourner en Chine en traversant la « mer jaune ». On peut encore visiter aujourd’hui le marché aux herbes et ses nombreuses petites boutiques recelant de mystérieux trésors aux apparences étranges et aux vertus fabuleuses…

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Et son musée, très instructif :
image imageSans être un monument d’intérêt national, ce musée permet d’apprendre beaucoup de choses intéressantes sur Daegu et sur l’histoire de la médecine asiatique. Cela vaut le détour, si le sujet vous intéresse et que vous n’êtes pas trop loin.

Durant l’occupation Japonaise, le marché fut fermé et les différents médecins asiatiques perdirent leurs habitudes. Rouvert depuis, il n’a pas retrouvé l’aura qu’il avait au moyen-age. Mais qu’à cela ne tienne ! La médecine coréenne n’a pas pour autant renoncer à rayonner de part le monde… Aujourd’hui le business du médical s’est développé à outrance. Il n’est pas un quartier qui n’a pas son hôpital ou sa clinique. Secteur grandement privatisé, les businessmen du médical nous assomment de publicités à la TV, par SMS, dans la rue, dans les bus…

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Georges Clooney a de la concurrence…

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« Good Morning Hospital… »

Encore une autre pub dans un bus...

Encore une autre pub dans un bus…

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Des problèmes de peau ? Super Dermato est là !

Le tourisme médical a Busan fait de la pub dans le TGV...

Le tourisme médical a Busan fait de la pub dans le TGV…

Tous les grands hôpitaux ont leur département international, proposant des services de traduction et d’assistance aux personnes étrangères. Et pour cause, le tourisme médicale est en pleine expansion. Depuis 2009, le gouvernement Coréen a pris conscience qu’il y avait là une grosse source de revenus et a entrepris de le promouvoir à l’étranger. Aujourd’hui ce sont des centaines de milliers de Chinois, de Russes et autres qui viennent profiter des hautes technologies Coréennes en matière de scanner, IRM, traitements divers… et, surtout, se faire refaire une tête entre les mains des nombreux chirurgiens esthétiques. Et leur nombre croit exponentiellement d’année en année…

Jeju, une petite île paradisiaque au sud de la Corée, parfois appelée la Hawaï Coréenne, se recouvre progressivement de béton : complexes immobiliers à proximité de grands centres médicaux… En effet, le gouvernement Coréen a décidé que ce petit bout de paradis serait accessible sans visa aux Chinois (et autres…) qui viendraient se faire soigner ou se faire refaire un nez, un sein ou une oreille…

Histoire de booster le business, il est aussi devenu obligatoire aux entreprises de financer un examen médical très poussé à leurs employés. Et quand je dis « poussé », je pèse mes mots…  Je ne parle pas de l’examen annuel classique qu’on a dans nos entreprises françaises au cours duquel le médecin du travail vous pose deux ou trois questions, vous fait faire trois pompes, vous donne un coup de marteau sur le genou avant de vous signer un papier « Bon pour le service ! »…  Ainsi, chaque année, je passe une demi-journée dans une clinique à subir diverses tortures incluant prises de sang, d’urines, IRM, endoscopie, dentiste, radios de divers endroits, électrocardiogramme, audiogramme, examen des yeux, échographie cardiaque et intestinale… Chaque année on m’annonce qu’a cause de mes trois ou quatre kilos de trop, mon état de santé est catastrophique et qu’il faut que je me fasse soigner d’urgence… Il faut dire que, dans ce pays, le surpoids est très rare. Je me demande comment ils font quand on voit la quantité de glaces, beignets, brochettes hamburgers ou hotdogs couverts de moutarde, ketchup et mayonnaise qu’ils s’enfilent à longueur de journées dans les nombreux stands de rue. Il parait que c’est génétique… D’autres disent que c’est la cuisine épicée coréenne qui fait maigrir… Vive le kimchi ! Bref, ils font tout pour vous trouver quelque chose et vous encourager à revenir, avec votre carnet de chèques…

C’est bien beau tout ça, mais est-ce que ça vaut tout le bruit qu’on en fait… ? Et bien, j’ai testé pour vous ! Et franchement c’est pas aussi beau que ça en a l’air…

A partir de là, je recommande aux âmes sensibles de suspendre leur lecture…
N’écoutant que mon courage je me suis coupé un doigt et ai foncé aux urgences de l’hôpital le plus proche. Bon, je vous rassure, je ne suis pas si fou que ça, je n’ai pas fait exprès de me couper un doigt…
Arrivant aux urgences de l’hôpital en question, Fatima Hospital, un prétendu hôpital chrétien avec des bonnes sœurs en cornette qui se promènent dans les couloirs pour donner une ambiance de charité chrétienne, en fait, un des plus grands hôpitaux de Daegu, je suis accueilli par un médecin qui entreprend de défaire mon pansement de fortune. Il est seul, pas d’infirmière pour l’aider. Il n’utilise aucun récipient pour réceptionner les détritus (pansements, sang…). D’habitude, en France, ils ont toujours un petit plateau en inox, préalablement désinfecté. Il travaille à main nu, sans gant en latex… Je suis perplexe devant cette parodie de Mark Green, qui prend mon pansement ensanglanté et le jette négligemment dans un carton ouvert à l’air libre, dans un coin de la pièce, dans lequel ils ont quand même pris la peine de mettre un sac en plastique jaune imprimé de symboles « dangers biologiques ». Il nettoie un peu la plaie avec des cotons imbibés de désinfectant qu’une infirmière, de passage, avait posés à coté de moi sur la couche. Seul et maladroit il laisse tomber les cotons par terre ou sur le lit.
Comme il n’a pas de plateau en inox le sang coule par terre pour former une flaque dans laquelle il piétine en observant ma blessure, puis il part sans rien dire. C’était tôt le matin et les interprètes de leur service international n’étaient pas encore en service. Laissé seul, étant moi-même secouriste sensibilisé aux risques biologiques, je prends des serviettes en papier à côté et entreprends de protéger la flaque de sang de se répandre d’avantages. En l’attendant, j’observe les étagères : des rouleaux de sparadrap, de la gaze, des bandages… Aucune boite de gants en latex ! Bizarre…
Un peu plus tard, il revient accompagné d’un collègue. Ils observent ma blessure, discutent. Il prend des photos avec son smartphone, les doigts plein de sang (le mien ?), pour les envoyer à son chef, à ce que j’ai compris… Finalement, au bout d’un moment, ils m’expliquent qu’ils ne peuvent pas me soigner ici et qu’il faut que j’aille dans une clinique orthopédique. Ils me donnent une adresse, avec un morceau de gaze et un bout de sparadrap me mettent un pansement, qui tient à peine et compresse mal la blessure qui saigne abondamment, et me mettent dehors…

Perplexe, dans le petit matin, avec un doigt qui saigne de partout, je cherche un taxi…
Je rejoins en taxi l’autre hôpital où je fais la queue aux urgences déjà encombrées car elles servent aussi de salle d’injection aux patients de l’hôpital qui viennent faire leur piqûre quotidienne. Les seringues, préalablement sorties de leur étui stérile sont entassées dans des petites boites en carton comme des crayons dans leurs pots à crayons. Elles sont là depuis un temps indéterminé… Des heures ? Des jours ? Peut-être… Elles sont probablement plus très stériles, du coup… Là encore une infirmière, médecin, peut-être, enlève mon pansement, sans utiliser ni gant, ni plateau pour récupérer le sang qui tombe par terre. Elle examine rapidement ma blessure et, posant négligemment mon pansement ensanglanté sur son bureau, entreprend de taper son rapport, les doigts couverts de mon sang… Oui, je sais, c’est énorme et difficilement crédible, pour un pays qui a passé le stade du « en voie de développement », mais je n’invente rien :
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J’ai alors, moi aussi, le droit à ma piquouse avec une des seringues d’un des pots à crayon et on m’annonce qu’il va falloir m’opérer sous anesthésie pour prendre un morceau de peau dans le gras de la main pour mettre sur mon doigt… Malgré le dégoût que me procure cet endroit, j’accepte, pensant que dans mon état, je ne me vois pas tester les hôpitaux de la ville un par un avant d’en trouver un meilleur. En fait, j’apprendrai, plus tard, que cette clinique est très connue et une des cliniques orthopédiques les plus réputées de la ville… Je suis perplexe… Par chance, je n’ai pas eu le temps de prendre un petit déjeuner ce matin là, car je me suis coupé le doigt alors que je le préparais. Je suis donc à jeun et peux donc être opéré rapidement. La salle d’opération est loin d’être moderne. Je constate que plusieurs matériels tiennent avec des bouts de scotch… Mais bon, au point où j’en suis… Quelques heures plus tard, je ressors avec un gros pansement, un gros tas de gaze grossièrement enveloppé dans un grand rouleau de bande :
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Je suis perplexe quant à la nécessité d’un tel emballage pour trois ou quatre points de suture… L’hôpital prétexte de ne pas pouvoir passer de coup de fil et de fax à l’étranger ni de ne pas avoir de mail pour pouvoir envoyer la facture à mon assurance (bienvenu au pays de Samsung et de LG…) et me demande de payer cash. Délester d’une grosse somme d’argent, je réclame mon dossier, bien décider à ne plus remettre les pieds ici. Bien sûr, faut payer un supplément pour pouvoir emmener son dossier…
Par la suite, je devrai faire refaire mon pansement tous les trois ou quatre jours. Trois jours plus tard, donc, étant en déplacement à Shanghai, je me rends dans le premier hôpital que je trouve, le plus proche. Je suis accueilli par du personnel parlant couramment anglais. Ils sursautent en voyant mon pansement et me demandent qui a bien pu faire un travail d’aussi mauvaise qualité. La salle est propre. Ici, la poubelle « biohazard » est une poubelle qui ferme. Ils utilisent des plateaux en inox aseptisés et des coupelles jetables et enfilent des gants en latex avant même de me toucher…
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Normal, quoi… Je ressors de là avec un pansement bien fixé et d’une taille très raisonnable qui ne m’empêche plus de taper sur mon clavier.
Quelques jours plus tard, je dois rentrer en Corée et refaire encore mon pansement. Ce coup-ci, je tente de me renseigner sur quel peut-être le meilleur endroit. Un collègue me recommande « DongSan Hospital ». Il est réputé être le plus grand et le meilleur hôpital de la ville… Étant encore en Chine je jette un œil sur internet, trouve leur site web qui indique une adresse mail que j’utilise pour prendre rendez-vous, comme je l’avais fait pour l’hôpital de Shanghai, qui, lui, répondait à mes mails dans le quart d’heure… Quelques jours plus tard, rentré en Corée et n’ayant eu aucune réponse à mes mails, je les appelle. Je me fais alors littéralement insulté au téléphone comme quoi il ne faut surtout pas utiliser leur adresse mail car ils ne la lisent jamais et qu’il eut fallu que j’appelle plusieurs jours avant pour prendre rendez-vous. Bref il me propose de venir quand même mais que je vais devoir attendre une demi-heure, peut-être une heure. Je me dis que si l’hôpital est si bien qu’on me le dit, ça vaut peut-être le coût… Je me rends donc sur place où je suis froidement accueilli par la secrétaire du département international qui en remet une couche sur le fait que je n’aurais jamais du écrire de mail mais que j’aurais du téléphoner. Mais bon, dans leur bonté infini, ils vont me prendre entre deux patients… Je me retrouve donc en salle d’attente et j’attends. J’attends. J’attends… Deux heures plus tard, je me lève et je vais voir l’infirmière et lui demande si c’est encore long. Elle sursaute et me regarde ébahie me sortant un truc que je comprends signifier « Oups ! On vous avait oublié… » Ils me font passer tout de suite. Je passe devant un jeune médecin boutonneux, parlant très mal l’anglais, qui entreprend à son tour de défaire mon pansement à mains nues, sans prévoir aucun plateau pour le réceptionner, le pose sur son bureau et, après avoir brièvement examiné ma blessure commence à taper son rapport. Apparemment, ça doit être ce qu’on enseigne dans les facs de médecine, ici, puisqu’ils le font tous : « enlevez le pansement à mains nues, posez le sur votre bureau et tapez votre rapport ».
Après quelques lignes, il me dit que c’est bon et que je peux y aller. « Sans pansement ?! » « Oh… Euh… Si… On va vous en refaire un… » Ils m’envoient dans la salle des pansements où j’attends, seul, encore. Au bout d’un moment une infirmière et un médecin arrivent avec un patient qu’ils font allonger devant moi sur un lit et commencent à examiner puis ils s’en vont. A plusieurs reprises, des enfants rentrent dans la pièce pour se peser sur la balance qui est dans un coin. Il doit y avoir une visite médicale… Puis un grand-père, unijambiste, en fauteuil roulant est poussé dans la pièce. Il semble avoir, comme moi, une blessure à la main qui nécessite des points de sutures. On l’abandonne là et on attend. Le grand-père et moi nous regardons dans les yeux pendant plusieurs minutes, voire plusieurs dizaines de minutes. Nous a-t-on oublié ?! Mon téléphone sonne. Je répond. C’est le service international de l’hôpital qui entreprend de m’engueuler copieusement car je suis parti sans payer. Je leur explique calmement que, non, je ne suis pas parti du tout. Je suis toujours en train d’attendre qu’on me refasse mon pansement… Un peu plus tard, un médecin et une infirmière rentrent dans la pièce, commencent à déplier du matériel de chirurgie et entreprennent de recoudre le grand-père devant moi. Je commence à comprendre… Je dois avoir acquis des pouvoirs magiques qui m’ont rendu transparent ! Alors, dès qu’ils ont fini, je les appelle, et effectivement, au début ils ne semblent pas me voir. Puis, après insistance, l’infirmière se tourne vers moi et me demande ce que je veux. Je montre mon doigt et lui dis en anglais, simplement : « un pansement ? » « Oh ?! C’est tout ? Mais fallait le dire plus tôt »… No comment… Elle ouvre un sachet de gaze, prend deux petits morceaux de sparadrap de quelques centimètres comme si elle manipulait des Louis d’or d’une valeur inestimable et me scotche ça sur la main sans aucune délicatesse…
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Je retourne aux service international pour payer ce précieux soin. Le pansement est d’une si bonne qualité qu’il tombe par terre avant que j’ai eu le temps de payer. La caissière le ramasse et me le remet… Je la regarde ébahi : « Ça a prit plus de quatre heures et plus de 20 000 Wons pour avoir ça ?!! » Au lieu de s’excuser elle me répond : « Oh, si vous êtes pas content, vous allez à la pharmacie de l’autre coté de la rue et vous vous payez votre pansement vous même ! ». J’en ai le souffle coupé. Je quitte ce lieu sans rien dire, faisant un petit détour par les urgences pour voir à quoi ça ressemble ici, des fois que… Pour la prochaine fois… Mais je constate les mêmes poubelles en carton ouvertes pour stocker les « dangers biologiques »… Je crois que je n’ai pas encore trouvé « le meilleur hôpital de la ville »…
Il me reste encore deux ou trois jours pour trouver un endroit avec un minimum d’hygiène pour la dernière étape : me faire enlever les points de suture. Mon fils s’étant récemment fait recoudre le genou suite à un accident en montagne dans une petite clinique à coté de chez moi, je décide d’y tenter ma chance. Le lieu est spécialisé dans le genou, mais peut-être voudront-ils bien m’enlever mes points de suture. Je jette un œil à l’endroit, de bon matin, avant d’aller travailler. C’est ouvert. Il n’y a encore personne, seules les femmes de ménage qui passent le balais. Ça m’a l’air propre, ils ont des boites de gants en latex sur leurs étagères, des poubelles qui ferment. Ça me parait plus sérieux. Je prends rendez-vous pour le surlendemain et ils acceptent. Ils sortent du matériel désinfecté, un plateau pour récupérer les déchets biologiques mettent des gants en latex et me font ça avec soin et amabilité. Moralité, ici, il vaut mieux éviter les « grands et meilleurs » hôpitaux de la ville… Les petites cliniques modestes de quartier sont bien mieux ! Même s’ils parlent mal l’anglais et n’ont pas de service international.

Cherchant à éclaircir ce mystère je discute avec des collègues de mon aventure et apprends que tous les hôpitaux de la ville sont en réalité privés sauf un et qu’ils pratiquent une forte réduction des coûts… Business is business… J’imagine que les petites cliniques qui n’ont pas le luxe de se payer des grands professeurs à la réputation internationale se valorisent sur la qualité de leur service de proximité. Les grands hôpitaux font leur clientèles (oui, dans ces conditions, on parle plus de « clientèle » que de « patientèle »…) sur le nom du grand professeur « machin-chose » là-haut dans sa tour d’ivoire et qui ne vous consultera jamais de toute façon, parce qu’il est trop occupé à faire des séances photos pour la prochaine campagne de pub dans les bus de la ville et dans les autres villes d’Asie…

Et la morale de l’histoire ?
La conséquence de tout ça c’est de gros soucis en matière d’hygiène et de sécurité. Comme dans l’affaire du ferry qui a coulé, ça semble assez répandu, ici, d’ignorer les règles d’hygiène et de sécurité. Les dessous de table aux inspecteurs doivent coûter moins chers que les dépenses nécessaires pour être dans la norme. Dans l’affaire du MERS qui s’était propagé (notez que la Corée est un des seuls pays modernes (le seul ?) où la maladie s’est propagée…) on a aussi parlé de consignes non respectées, de dessous de table…

Alors Mesdames, Messieurs les Chinois et Russes qui voulez vous faire soigner ici, êtes-vous surs que c’est pas mieux chez vous…? Je n’ai visité qu’un seul hôpital en Chine, pris au hasard et c’était sans comparaison bien meilleur que les trois ou quatre que j’ai visités ici ! Mais, bon, c’est comme pour l’affaire du ferry, tant qu’il n’y a pas eu un gros scandale, il n’y a pas de raison que ça change…

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